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Bienvenue! Ici on parle surtout de bouffe, de style, de la vie à la maison... J'espère que vous vous plairez!

Ne pas oublier les moments privilégiés 🙏🏻

Ne pas oublier les moments privilégiés 🙏🏻

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En février, j’ai eu l’immense bonheur de passer une heure en tête-à-tête avec la championne olympique Nathalie Lambert. C’était pour l’interviewer dans un contexte spécifique : elle m’a raconté son parcours avec l’arthrite pour un article sur Canal Vie. Je dirais sans aucune hésitation que c’est une des plus belles rencontres que j’ai eu la chance de faire : elle était incroyablement inspirante, sympathique, humaine. Dès le début, elle m’a traité comme une amie. Il y a quelques personnes comme ça, qui lorsque je les ai rencontrées, m’ont fait réaliser à quel point elles avaient exactement TOUT ce qu’il fallait pour réussir et se rendre aussi loin. Ricardo en est une, mais définitivement Nathalie aussi.

Quand j’ai reçu les photos (sur le moment je m’étais plus ou moins rendue compte de la présence du photographe), quelque chose m’a frappé. D’abord, elles étaient très belles, avec cette lumière de fin d’après-midi et ce décor (c’était dans un hôtel chic du centre-ville) et elles semblent parfaitement capturer notre échange.

Mais… il y avait aussi quelque chose à apprendre sur moi-même. J’ai rarement l’occasion de me voir “in situ” en train de faire mon travail… Il y a parfois des photos des événements auxquels je suis invitée, mais habituellement, c’est dans un contexte plus social et il y a également plus de pose pour le/a photographe.

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Ce qui m’a surpris dans ces photos, c’est surtout mon regard. Concentré, engagé, intéressé, réellement attentif. J’ai l’air pleinement là ET pleinement heureuse d’être là. Consciente de ma chance. Professionnelle et assurée, aussi. À ma place.

Dans ma vie de pigiste, il y a des hauts et des bas. J’en ai déjà parlé mais ce n’est pas parce qu’on ne relate pas toutes les difficultés que celles-ci n’existent pas. Depuis quelques (plusieurs?) mois, j’ai plus de mal à voir les beaux côtés. Il y a différentes raisons à ça : me faire dire par différentes personnes que “mes tarifs ne sont pas assez élevés.” Puis réaliser peu après à ma grande surprise en bouclant ma dernière année financière, que mon revenu avait PAS MAL baissé par rapport à toutes mes autres bilans précédents, alors que je n’avais absolument pas l’impression d’avoir moins travaillé, au contraire? Et pratiquement au même moment, me faire regarder dans les yeux par notre planificatrice financière et dire que ça vaudrait peut-être la peine de me poser honnêtement la question : “Est-ce qu’être blogueuse est réellement assez rentable?” (Elle a utilisé le mot “profitable”, en anglais). Je n’essaie pas de faire pitié et de dire que je ne gagne pas, somme toute, quand même un salaire correct ici. C’est simplement que -révélation choc, qui me peine beaucoup plus à divulger que de dire que je suis autiste-, les factures d’épicerie sont TRÈS élevées, dans cette famille. 😱

(Ceci dit dans un contexte ou je ne sais pas trop comment, mais avouer ceci revient un peu à être considérée comme la pire des nounounes qui ne comprend pas la vie dans cette société -alors que la passion suscitée par les débats récents sur le sujet m’ont vraiment surpris et interpellé. Et bien sûr que je comprends qu’il y a une notion de privilège là-dedans, mais je le dis et je le répète dans mon éternel contre-courant… Je vais continuer à trouver que toujours payer moins cher et voir ceci comme l’unique but à atteindre, particulièrement pour quelque chose d’aussi vital que notre nourriture, ce n’est jamais la bonne solution -personnelle ou collective- quand on y réfléchit un peu (voici mon point de vue un peu plus étayé là-dessus)).

Et puis on peut aussi ajouter à ça: être toujours prise avec cette impression très forte (si forte!) de ne jamais être à la hauteur, de ne jamais vraiment comprendre comment ça marche, de ne jamais être capable de faire ce qu’il faut pour réussir, de toujours passer à côté, d’être tellement LA PIRE imposteure. D’avoir du mal à retrouver ma zone de confort à mesure que mon travail change et qu’il y a plus d’invitations et de cadeaux, avec toute la gestion qui vient avec. En arriver à trouver très peu d’éléments positifs aux réseaux sociaux, qui il me semble alimentent de plus en plus cette spirale de dévalorisation que j’ai tellement intérêt à éviter…

Dernièrement, je me suis même demandé si ce travail, finalement, était toujours mon rêve. Non pas que c’est négatif, au contraire! Mais qu’en moi, il y a quelque chose d’autre, un autre rêve plus profond, plus fou, qui monte. Celui d’être plus proche de la nature et de travailler avec des fleurs. C’est ce qui me rend la plus heureuse, depuis toujours! Je ne croyais pas que c’était possible au Québec, mais depuis quelques années, plusieurs fermes florales avec un modèle d’affaires correct ont fait leur apparition -et juste le fait de savoir qu’elles existent me remplit de puissantes vagues de bonheur. Je me prends donc à rêver de vivre dans une belle campagne avec de l’espace, des grands champs (de fleurs, mais de légumes aussi bien sûr!), un chien, des poules et un alpaga. (J’ai négocié avec mon mari. Juste un). Peut-être qu’ainsi, ma recherche éternelle d’équilibre serait enfin complète.

En attendant, ces photos m’ont fait vraiment du bien. Je ne dois jamais oublier les privilèges que j’ai. ❤️

Boules protéinées choco-fleur de sel

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Salut, je suis autiste (Prise 2)

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