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Bienvenue! Ici on parle surtout de bouffe, de style, de la vie Ă  la maison... J'espĂšre que vous vous plairez!

Un an avec Bowie đŸ‘šâ€đŸŽ€đŸ¶

Un an avec Bowie đŸ‘šâ€đŸŽ€đŸ¶

Il y a un an cette semaine, Bowie est entré dans nos vies.

  1. J'ADORE les animaux.
  2. Ce n'Ă©tait pas mon premier chien.
  3. Je pensais sérieusement que je savais à quoi m'attendre.
  4. Nous Ă©tions dĂ©cidĂ©s Ă  ne pas le faire en coup de tĂȘte (nous avions fait quand mĂȘme pas mal de recherche avant) et nous pensions vraiment ĂȘtre prĂȘts.

Mais en fait, je n'avais AUCUNE IDÉE de ce qui nous attendait (et surtout qui m'attendait moi, Ă©tant donnĂ© que je travaille Ă  la maison et que c'est donc moi son maĂźtre/son Ă©ducatrice/sa rĂ©fĂ©rence).

AUCUNE.

TrĂšs rapidement, il nous est apparu que nous avions peut-ĂȘtre fait une des pires gaffes de notre vie.

Voici ce que j'ai écrit ce printemps, alors qu'il avait 9 mois et que c'était la pire période.


 

On adore Bowie, mais c'est clair que ce n'est pas un chien de maison. Je sais que ça dépend de leur caractÚre individuel, mais il a tous les traits des Border Collies -je ne dis pas que ce sont de mauvais traits, mais ce sont des traits faits pour un chien de travail, pas un chien qui vit en banlieue avec une famille.

Le problÚme c'est qu'il aurait besoin d'une job! Vraiment besoin. Il s'ennuie terriblement avec nous parce qu'il manque de stimulation. Il a donc des comportements indésirables. Il gruge TOUT dans la maison (et dehors). Il a déjà fait des milliers de dollars de dommages chez nous : les armoires, la rampe d'escalier, les meubles, les divans, les MURS, les cadres de porte, le moustiquaire de la porte patio, les fils électriques, les tapis, les coussins. C'est super pénible et dangereux!

Il a besoin de stimulation tout le temps, dĂšs qu'il s'ennuie pendant 10 secondes il se tourne vers quelque chose. Il ne dort presque jamais : des micro-siestes de 5 minutes occasionnellement, c'est tout. À part la nuit, il est calme pendant maximum 30 minutes durant toute la journĂ©e -le reste du temps il est incontrĂŽlable. Il a aussi dĂ©jĂ  complĂštement dĂ©truit la cour en creusant et en grugeant -et la saison n'est mĂȘme pas commencĂ©e.

Ça ne se rĂšgle pas vraiment par l'exercice : il en a quand mĂȘme pas mal, probablement pas assez mais rien ne serait jamais assez pour ce chien, sauf qu'il en a un niveau suffisant. Par exemple dans une bonne journĂ©e il va avoir 3 marches de 30-45 minutes, une course avec moi (40-50 minutes) et un peu de temps Ă  courir dĂ©tachĂ© et Ă  attraper la balle ou le frisbee (il est incroyablement agile et talentueux, c'est ce qu'il prĂ©fĂšre, c'est ça qu'il considĂšre comme "sa job").

Il a aussi d'autres problÚmes, par exemple il a tendance à nous sauter dessus, à mordre la laisse et à nous mordre pendant ses marches, et ce malgré qu'on travaille tous les jours depuis plusieurs mois pour régler ce problÚme. Il est trÚs réactif : il est hypersensible au bruit et au mouvement.

Il veut donc partir aprÚs tout ce qui bouge dehors : écureuils, oiseaux, personnes qui courent, vélos, camions... Il est trÚs fort et j'ai de la misÚre à le retenir, j'ai trÚs peur qu'à un moment donné il fasse tomber un cycliste.

Il mord souvent, pas par agressivitĂ©, c'est plutĂŽt un trait de cette race. En anglais ils appellent ça nipping (au lieu de biting), parce que quand ils gardent les moutons ils doivent les ramener Ă  l'ordre en les mordillant un peu. Il ne le fait donc pas pour planter ses crocs et blesser mais il me fait mal quand mĂȘme, j'ai perdu quelques fois la sensibilitĂ© dans mes mains et poignets pendant un jour ou deux (c'est toujours aux mains et aux fesses -j'ai lu ensuite qu'il mordillent les moutons dans l'arriĂšre-train!) et j'ai eu des bleus.

Une autre chose : il est hyper protecteur avec nous, ça n'a pas de bon sens. On ne s'attendait pas à ça! Mais c'est hyper pénible : ils aboie furieusement dÚs que quelqu'un entre ici ou sonne à la porte, on ne peut plus l'amener en auto parce qu'il est terrible pour ça, il hurle aprÚs tous les passants et se précipite dans les vitres. Il se déchaine aprÚs tout le monde qui passe.

On connaissait tous les traits de cette race mais on pensait qu'on serait corrects parce que : 1-Je travaille à la maison donc il ne serait pas si souvent seul. Réalité : Il s'ennuie incroyablement avec moi, c'est de la torture pour lui que je suis là toute la journée mais je ne peux pas m'occuper de lui en permanence.

2-On n'a pas une grande cour et elle n'est pas clĂŽturĂ©e mais on habite sur un golf donc l'hiver (et le soir durant la saison) on pourrait aller le promener et le faire courir sur place. RĂ©alitĂ© : oui ça aide un peu, mais ce n'est pas encore assez pour lui. Et comme il est trop fort et que je ne veux pas qu'il morde les enfants, ils ne peuvent pas y aller avec lui donc tout repose sur moi. Et quand j'ai un deadline pour un article, tout prend le bord. Ça lui arrive souvent de se sauver quand il est dĂ©tachĂ© sur le golf aussi (et d'autres fois dans la rue, dĂšs qu'il a l'occasion! Et je me fait toujours blesser/mordre pour le rattraper).

3-Je me disais que ce serait un bon compagnon de jogging pour moi. RĂ©alitĂ© : Il dĂ©teste le jogging comme c'est pas possible et il me le fait chĂšrement payer chaque fois (en sautant et me mordant, en refusant d'avancer). Je lui donne du temps pour s'habituer et je suis patiente mais en fait ce que je n'avais pas compris c'est que dans leur nature, ces chiens sont faits pour courir trĂšs vite pendant pas longtemps (comme chiens de bergers, pour rassembler leur troupeau), pas pour courir pas vite pendant longtemps. La nuance est trĂšs importante. D'ailleurs, je croyais que le jogging l'Ă©puiserait , mais pas du tout. Quand on revient il est fatiguĂ© pendant 5 minutes puis il redevient "hyper". C'est encore une fois un trait de la race : ils doivent ĂȘtre TOUJOURS PRÊTS. Toujours plein d'Ă©nergie car la survie du troupeau dĂ©pend de ça.

En plus de la frustration extrĂȘme certains jours (hier on l'a laissĂ© dehors 10 minutes sans surveillance et il a dĂ©terrĂ© et commencĂ© Ă  manger un fil Ă©lectrique qui courait le long de la maison!!!), je suis remplie de culpabilitĂ© de voir qu'il n'est pas heureux, qu'on n'est pas la bonne famille pour lui. Pour l'instant il ne peut mĂȘme pas vraiment ĂȘtre dĂ©tachĂ© dans la maison, il est 100 % du temps en train de chercher Ă  faire des mauvais coups. DĂšs qu'on essaie il nous le fait payer trĂšs cher : genre en allant manger la litiĂšre du chat et la rĂ©pandant partout, en Ă©ventrant un coussin du divan du sous-soul, en dĂ©truisant des rouleaux de papier de toilette partout, en arrachant le tapis, etc. Et ça ce n'est pas en une journĂ©e, plutĂŽt en 10 minutes!

Ce dont il aurait besoin, c'est rĂ©ellement de vivre Ă  la campagne sur une ferme. Pas nĂ©cessairement d'ĂȘtre un chien de berger, mais d'ĂȘtre juste un chien en libertĂ© qui peut se promener dehors toute la journĂ©e avec son maĂźtre et avoir l'impression de l'aider un peu (c'est ça son manque de stimulation, il ne se sent pas utile, et c'est trĂšs important pour eux).

Malgré tous ses défauts (il a aussi beaucoup de qualités, il est incroyablement intelligent -j'ai souvent lu que les border collies donnent l'impression de deviner ce qu'on pense et c'est vrai!!!- sensible, expressif, affectueux, loyal, trÚs focusé...), je ne considÚre pas que c'est un "mauvais chien," plutÎt le contraire : c'est nous qui essayons de l'enfermer dans une vie qui n'est pas pour lui. Maintenant je comprends que les gens disaient que c'était des chiens pour un milieu rural. La banlieue c'est difficile pour lui, il y a trop de bruit et de stimulation...


C'est exactement vers cette époque que j'ai écrit cet article pour Muramur, surtout en fait pour essayer de décourager les gens d'adopter un chien à la légÚre, juste "parce qu'ils le trouvent beau".

J'Ă©tais... Ă  bout de nerfs. Pas dans le sens cute et mĂ©taphorique... C'Ă©tait tellement lourd et difficile que j'Ă©tais comme en dĂ©pression. LittĂ©ralement, j'ouvrais les yeux le matin et je me remplissais instantanĂ©ment de crainte et de dĂ©sespoir, que je sentais dans toutes mes pores. Je ne savais pas comment j'allais faire pour passer au travers de la journĂ©e. Je ne voulais pas me lever, je ne voulais pas dealer avec ça. Je ne me sentais juste plus capable. Ça remplissait ma tĂȘte Ă  chaque instant : la peur qu'il se sauve encore et me morde, les heures qui passaient tellement lentement, l'attente qu'il fasse une autre connerie catastrophique, puis que mon chum revienne et que ça crĂ©e plein de tension dans la maison. J'avais le goĂ»t de brailler tout le temps...

C'Ă©tait quelque chose que je trouvais complĂštement inconçevable en thĂ©orie, mais en pratique c'Ă©tait tellement dur que j'avais fait des recherches. Pas pour le vendre sur les petites annonces, je ne voulais pas ça. Il est vraiment beau et il attire l'attention, donc je sais qu'on aurait pu le cĂ©der Ă  quelqu'un d'autre facilement, mais je pensais plutĂŽt Ă  lui -je ne voulais pas qu'il se retrouve dans une autre famille avec les mĂȘmes conditions. J'avais en fait trouvĂ© deux endroits, dont un dans l'État de New-York, qui recueillent spĂ©cifiquement les Border Collies parce que oui, ce sont des chiens qui peuvent ĂȘtre vraiment challengeants et que beaucoup de gens ne se sentent pas capables de les garder. L'endroit Ă©tait sur une ferme et constituait un vrai paradis pour eux ; le but Ă©tait si possible de les replacer dans un milieu rural, comme ils sont supposĂ©s. Ce n'Ă©tait pas eux qui payaient pour le chien, il fallait plutĂŽt les payer pour qu'ils s'en occupe en attendant, ce qui garantissait le sĂ©rieux de la dĂ©marche. J'avais tout imaginĂ© : quand et comment on irait le porter, comment ça serait dur pour les enfants mais qu'on pourrait leur faire plaisir autrement ensuite, etc. Ça me semble complĂštement capotĂ© aujourd'hui mais sur le moment, je ne voyais honnĂȘtement pas d'autre solution. Je n'y arrivais juste pas. 

Un soir, mon chum et moi on a eu une discussion trÚs sérieuse et je lui ai dit que je n'étais plus capable. Je lui ai parlé de ces refuges. Il était assez d'accord que ça n'avait pas de bon sens, mais il trouvait que c'était un exemple terrible à donner aux enfants. Et je savais qu'il avait raison, mais à ce moment-là mon instinct de ne pas me laisser couler était plus fort que ce fait.

On a fait un marché : si on ne voyait pas d'améliorations d'ici un mois ou deux, d'accord, on le laisserait aller. En attendant, on ferait tout pour que ça aille mieux.


Bowie 1 an.jpg

 

Maintenant, Bowie a 14 mois. Il est encore ici. 😊 Il a pris sa place dans notre famille et c'est bien vrai ce que quelqu'un m'avait dĂ©jĂ  dit : "À un moment donnĂ© tu ne sauras pas quoi faire quand il ne sera pas lĂ ".

Qu'est-ce qui est arrivĂ©? Il a vieilli. Vers un an, il s'est calmĂ©, pour de vrai. C'est encore un chien Ă©nergique, mais il a beaucoup moins de pĂ©riodes de "bulles au cerveau" ou il n'entend plus rien et cherche Ă  tout prix Ă  dĂ©truire quelque chose. Il Ă©coute beaucoup plus. Si on lui dit NON!, il arrĂȘte. Il s'est adaptĂ© Ă  nous, Ă  notre rythme. Il demande beaucoup moins d'attention, il passe plus de temps juste couchĂ© Ă  dormir ou Ă  ne rien faire (c'est certain que la chaleur de cet Ă©tĂ© le rend plus amorphe un peu, aussi). À la longue, on a "connectĂ©". Je dis souvent Ă  la blague que c'est "mon 3e enfant que je n'Ă©tais pas trop sĂ»re de vouloir" et mon "wild child," mais la grosse diffĂ©rence entre lui et mes enfants c'est que mon attachement n'est pas inconditionnel. Il a fait tellement de choses qui m'ont laissĂ© complĂštement sous le choc pendant quelques mois, que je n'arrivais pas Ă  bien former un lien avec lui; on n'avait jamais de moments positifs ensemble. Et puis mĂȘme le jogging s'est amĂ©liorĂ©, avec le temps : c'est plutĂŽt un bon partner, maintenant!

Est-ce que tout est parfait? Bien non. Il est encore protecteur. Les marches sont encore souvent pénibles à cause de sa réactivité : il se jette encore sur les camions en aboyant furieusement et ensuite il n'écoute plus rien, il est juste focusé là-dessus. Il continue aussi de "torturer" notre pauvre chatte, qui n'a jamais vraiment repris sa place depuis un an.

Mais! Ça fait vraiment longtemps qu'il n'a pas causĂ© de catastrophe majeure : il fait des petites niaiseries de chien mais ça, c'est normal! Il est maintenant presque toujours dĂ©tachĂ© (sauf lorsqu'il est dehors) et on le laisse mĂȘme en libertĂ© dans la maison tout seul sans que la Terre explose! Il y a quelques mois Ă  peine, je n'aurais jamais cru ça possible. MĂȘme pas dans mes rĂȘves les plus fous. MĂȘme dans la maison, il ne pouvait pas ĂȘtre laissĂ© lousse : il grimpait littĂ©ralement sur les murs, il perdait totalement le contrĂŽle de lui-mĂȘme, il Ă©tait dangereux pour lui et pour nous, il dĂ©truisait tout sur son passage, il nous mordait et nous griffait...

Un des gros changements aussi, c'est qu'on a commencĂ© Ă  le faire promener de temps en temps, par quelqu'un qui nous donne Ă©galement des conseils en comportement (et qui a pris cette magnifique photo de couverture). Au dĂ©but, je trouvais que c'Ă©tait la chose la plus ridicule au monde (et le plus gros aveu d'Ă©chec aussi) : payer quelqu'un pour faire marcher mon chien alors que je suis Ă  la maison??? Mais dĂšs qu'on a essayĂ©, ça a dĂ©bloquĂ© : marcher et aller courir au parc avec d'autres chiens, c'est bien diffĂ©rent de prendre juste une marche avec moi. Ça le fatigue, ça le sociabilise, ça le stimule d'une maniĂšre qu'on ne rĂ©ussit tout simplement pas Ă  lui donner. Il aime ces marches par-dessus tout et dĂšs que je lui dit qu'il y va, il devient tout frĂ©tillant et s'en va immĂ©diatement attendre Ă  la porte.


Pourquoi je raconte ça? D'abord, parce qu'encore une fois je veux que le plus de gens possible comprennent qu'adopter un chiot, ça peut littĂ©ralement prendre le contrĂŽle sur la vie pendant une pĂ©riode qui paraĂźt vraiment, vraiment longue. Et que mĂȘme si on ne voulait pas Ă©couter toutes les sources qui disaient qu'un Border Collie, c'est un chien de travail, pas de famille, ces sources ont raison! Ce sont de fantastiques animaux mais mĂȘme avec tout le progrĂšs qu'on a fait, je ne crois toujours pas qu'il est aussi heureux qu'il pourrait l'ĂȘtre et surtout qu'il n'est pas stimulĂ© selon son potentiel. Sauf que nous sommes sa famille et que cet attachement/ce lien de confiance, ça prime par-dessus tout. Je pense qu'on a quand mĂȘme tous fait un bon bout de chemin pour s'adapter Ă  ses besoins le plus possible et que c'est maintenant "une situation acceptable" pour tous les partis (sauf peut-ĂȘtre malheureusement pour Valentine, notre chatte tigrĂ©e rescue de 8 ans, qu'on aime aussi beaucoup)!

Je veux Ă©galement peut-ĂȘtre dire aux personnes qui sont en train de vivre ça qu'IL Y A DE L'ESPOIR! HonnĂȘtement je ne pensais jamais qu'on pourrait y arriver avec Bowie mais c'est bien au-delĂ  de mes espĂ©rances. Et tout le monde me dit que ça va encore mieux aller Ă  partir de 2 ans.

Mais finalement, je veux aussi essayer de susciter la rĂ©flexion et si possible, diminuer le rĂ©flexe du jugement facile. En plein dans la pire pĂ©riode, j'ai vu un post Facebook de quelqu'un qui souhaitait trouver une bonne nouvelle famille Ă  son chien de 7 ans parce qu'il dĂ©mĂ©nageait en condo et que les chiens n'y Ă©taient pas acceptĂ©s. Ma premiĂšre pensĂ©e a Ă©tĂ© : "Wow! Il s'est occupĂ©e de son chien pendant 7 ANS et il veut faire la meilleure chose possible dans la situation, c'est super!" J'avais du mal Ă  passer Ă  travers une semaine, donc 7 annĂ©es complĂštes, ça m'apparaissait comme un dĂ©vouement incroyable. Mais j'ai rapidement vu que la plupart des gens l'insultaient plutĂŽt en commentaire "Pourquoi avoir choisi un condo ou ils n'acceptent pas les chiens? Quelle irresponsabilitĂ©!!!" Et autres qualificatifs trĂšs personnels et hargneux que je ne souhaite pas rĂ©pĂ©ter ici. âœŒđŸ»

Sauf que qui sommes-nous pour juger? Bien sĂ»r, les propriĂ©taires d'animaux pas-fantastiques existent. Mais cette personne n'en n'Ă©tait manifestement pas une (ceux-lĂ , ils les abandonnent carrĂ©ment, ou mĂȘme pire). Personne n'avait aucune idĂ©e de la situation complĂšte : Est-ce qu'il y a eu un terrible malentendu et que l'interdiction des chiens a Ă©tĂ© Ă©noncĂ©e alors qu'il Ă©tait trop tard? Est-ce que par pudeur la personne n'avait pas souhaitĂ© rĂ©vĂ©ler la "vraie" raison : un problĂšme de santĂ©? De santĂ© mentale? Une charge financiĂšre devenue de plus en plus difficile Ă  assumer? D'autres circonstances fondamentales qui avaient changĂ©? Cette personne, elle l'aimait son chien. Elle s'en Ă©tait bien occupĂ© pendant 7 ans. Pour devoir prendre la dĂ©cision de le laisser aller, ce devait ĂȘtre trĂšs difficile. Ce dont elle avait besoin, c'est de l'empathie. Pas des insultes gratuites qui ont seulement dĂ» crĂ©er un gros vide au coeur, du genre qui Ă©branle beaucoup plus que les inconnus laissant le commentaire derriĂšre le confort de leur Ă©cran ne peuvent l'imaginer. La vie, c'est rarement blanc ou noir, c'est plutĂŽt habituellement (tout comme Bowie d'ailleurs!) dans diffĂ©rents tons de gris.

Tout ce que j'essaie de dire, c'est qu'en gros, pendant que je vivais ceci, je sentais que je ne pouvais en parler Ă  personne. C'est drĂŽle, mais alors que mes enfants grandissent et que je m'Ă©loigne de plus en plus de la pression et des jugements sur mes choix parentaux que je ressentais beaucoup au dĂ©but, je dĂ©couvre que finalement, c'est pas mal la mĂȘme chose pour les chiens!

En regardant la situation de l'extĂ©rieur, je trouvais que c'Ă©tait absurde d'ĂȘtre pratiquement tombĂ©e en dĂ©pression sĂ©vĂšre, au point de ne plus vouloir me lever le matin, Ă  cause d'un chien. Mais il n'y avait rien de bĂ©nin ou d'exagĂ©rĂ© par rapport Ă  comment je me sentais : j'Ă©tais au bord du gouffre et je ne voyais pas de solution. Ce n'Ă©tait pas une pensĂ©e Ă©goĂŻste : je voulais juste qu'il soit plus heureux et dans son Ă©lĂ©ment plutĂŽt que de lui imposer la quotidien avec nous (moi), qui ne semblait pas du tout lui convenir.

Sauf que si on avait dĂ©cidĂ© de laisser aller Bowie, en plus de la tristesse incroyable, de la culpabilitĂ© et du sentiment d'Ă©chec, j'aurais aussi dĂ» faire face Ă  ce type de jugement et d'insultes. On le sait tous que laisser aller un chien, c'est vraiment pas l'idĂ©al. C'est Ă  Ă©viter Ă  moins d'un cas de force majeure!!! Mais des fois, les gens sont bien intentionnĂ©s et responsables. Ils mettent les efforts qu'il faut et ils essaient, vraiment longtemps et vraiment fort. Et ÇA NE MARCHE PAS QUAND MÊME. Bien sĂ»r qu'adopter un animal, c'est pour la vie, mais si pour une raison X ça s'avĂšre ĂȘtre une vraie de vraie grosse erreur du genre qui arrĂȘte la machine, la question est est-ce qu'on doit vivre avec cette erreur pendant 12 ans + si les deux partis seraient beaucoup mieux autrement? (Je le sais que la rĂ©ponse est oui Ă  98 %. Mais la question se pose quand mĂȘme. Si Bowie ne n'Ă©tait pas amĂ©liorĂ© et avait continuĂ© ses comportements inadĂ©quats/difficiles TOUTELAJOURNÉETOUSLESJOURSOMG, j'aurais rĂ©ellement coulĂ©, je le sais. Vous pouvez me juger pour ça, mais c'est quand mĂȘme vrai).


Pendant que j'Ă©cris ceci, Bowie est couchĂ© Ă  mes pieds, exactement comme j'avais rĂȘvĂ© qu'il ferait depuis le dĂ©but. Et je suis TELLEMENT contente d'avoir persĂ©vĂ©rĂ©, d'avoir attendu, d'avoir trouvĂ© le moyen de m'accrocher. Sa relation avec nous, mais encore plus avec les enfants, reste probablement l'un des plus beaux cadeaux qu'on pouvait leur faire (et c'Ă©tait exactement ça l'idĂ©e). Quand ça fait longtemps qu'il ne nous a pas vu, il nous accueille avec un long cri de "reconnaissance de sa meute" qui nous fait mourir de rire et nous remplit d'affection. DĂšs que quelqu'un pleure dans la maison, il est au plus mal, il se prĂ©cipite et fait tout ce qu'il peut pour dire "je suis lĂ , ça va aller!"; c'est notre grand consolateur en chef. La semaine derniĂšre je me suis endormie sur le divan (ce qui m'arrive une fois par 5 ans) et j'ai eu le plaisir de me faire rĂ©veiller Ă  grands coups de langue/truffe mouillĂ©e sur le visage. Lorsque je fais mon exercice, il essaie parfois de m'imiter : il est assez bon pour faire la pose du "chien tĂȘte en haut", il saute, il s'Ă©tire. Il me remplit de fiertĂ© quand il fait bien ça, qu'il Ă©coute, qu'il nous montre qu'on peut lui faire confiance et je rĂ©alise que par-dessous tout (sa rĂ©activitĂ©, son cĂŽtĂ© craintif, ses pulsions de faire des niaiseries) ce qu'il veut c'est nous faire plaisir.

Il fait du poil partout, il nous saute encore dessus pour manifester sa joie, il va manger la nourriture du chat dĂšs que j'ai le dos tournĂ© et que j'oublie de l'enlever, il cogne et renverse tout avec sa queue quand il est content de nous voir, il fait peur aux livreurs avec sa grosse voix. Mais c'est NOTRE chien, on n'imaginerait plus la vie sans lui et finalement, on ne l'a pas mal choisi. 💓

La trame sonore (moment d'une vie) : août 2018

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Un arc-en-ciel pour l'unitĂ© 🌈

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