Allo.

Bienvenue! Ici on parle surtout de bouffe, de style, de la vie à la maison... J'espère que vous vous plairez!

L'acceptation de soi 💓

L'acceptation de soi 💓

Dès l’âge de 8 ou 9 ans, je n’aimais pas la manière dont mes cuisses « débordaient » quand je m’asseyais, comparé au reste de mon corps qui lui, était plutôt mince. Je n’étais qu’une enfant… Alors qui m’avait appris ça ? Personne et un peu tout le monde.

Au secondaire, il n’y avait aucune nuance dans le style de fille que tu pouvais être : « bien faite » ou non. Je n’étais pas dans la première catégorie. Je n’étais pas sportive, je n’étais certainement pas identifiée dans les « Top » et je n’étais parmi celles choisies pour les défilés de mode… Je me souviens que ma perception de ce que les gens devaient se dire de moi, c’était quelque chose comme : « Elle pourrait être cute si elle avait moins de hanches ». Je devais peser autour de 118 livres (pour 5 pieds 6).

Je pense que c’est dur pour les plus jeunes de comprendre le contexte de l’époque… Il n’y avait absolument aucun modèle de diversité corporelle. Plus tu étais mince, mieux c’était : l’idée était un peu de disparaître et de prendre le moins d’espace possible. Aujourd’hui absolument personne ne pourrait regarder J. Lo et y voir une personne de taille plus… Mais c’était le cas quand elle arrivée ! C’était totalement inédit de voir ce genre de silhouette, avec (un peu) de courbes. Pratiquement une révolution, qui brisait tous les moules. Imaginez!

 

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Quand j’avais 16 ans, quelqu’un de très proche de moi, à partir de laquelle j’aurais normalement dû construire mon modèle d’identité féminine, m’a dit, avec un drôle de ton (une certaine satisfaction que ce ne soit pas le cas pour elle, ou plutôt un soulagement ?) : « Ouais, tu as vraiment des bonnes fesses… » J’habillais une taille 4, 6 tout au plus.

Un jour à 18 ans, je me suis assise et mon chum de l’époque m’a dit, spontanément et avec surprise : “Haaaa. Tu as de la cellulite !”

Au début de la vingtaine, j’ai une fois refusé une belle journée à la plage qui me tentait pourtant beaucoup, parce qu’on devait y aller avec deux filles qui correspondaient en tous points à l’idéal de l’époque (hanches étroites, grosse poitrine), ce qui était tout le contraire de moi et qui, disons-le, n’arrive pas très souvent dans la nature -même si arrive quand même des fois et tant mieux ! Personne n’a essayé de me challenger là-dessus : ça semblait « bien normal » de ne pas vouloir montrer mon corps ordinaire face à ces déesses! 🙄

Toujours dans la vingtaine, je me suis un jour excusé à mon nouveau chum d’avoir de petits seins. C’était une semi-joke, mais il y avait définitivement un fond de vérité là-dedans, parce que tsé, pour lui et pour tellement de gars, ewwwwwwwwwww.

Je me souviens aussi d’une autre fois ou, complètement out of the blue, une fille que je connaissais à peine a dit à ma sœur et moi, avec un air de dégoût même pas dissimulé : « Mais mon Dieu, vous avez DONC BIEN DES GROS MOLLETS...! » J’étais dans la fin vingtaine, une femme assez assumée et j’aurais vraiment dû juste l’envoyer promener. Mais à la place, j’ai ressenti une honte profonde. Je pesais 112 livres. (C’est peu, je sais. Je venais de me séparer. En général, les périodes où j’étais la plus mince, c’était aussi les périodes les plus difficiles. Pas le contraire. Just sayin’.)

 


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À 29 ans, j’ai commencé à fréquenter celui qui allait devenir mon mari et le père de mes (nos) enfants. C’est le premier qui a commencé à changer mes perceptions. Alors que je m’étais toujours vu comme « un peu ronde » (même si je n’ai jamais porté plus que du 8 ans), il m’a gentiment expliqué que je souffrais peut-être de « dysmorphie corporelle » légère. Que j’étais, de loin, la fille « la moins ronde » avec qui il avait jamais été. Mais aussi, paradoxalement, celle qui avait le moins confiance en elle. (Les larmes coulent pendant que j’écris cette phrase.) Tous les jours depuis plus de 13 ans, il me dit que je suis belle. Que je suis parfaite ! Que c’est super important que je m’en rende compte pour notre fille et la manière dont elle va grandir, mais aussi pour notre fils et la manière dont il va regarder sa (ou son!) future partenaire.

 

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Pour tout vous dire, c’est seulement dans les dernières années que j’ai senti qu’il y avait un changement. J’ai vieilli. J’ai eu deux enfants, ce qui m’a changé de catégorie… Les fesses rondes sont aussi devenues à la mode, ce qui ne pouvait mieux tomber dans mon cas ! C’est super étrange de constater qu’on dirait que maintenant, je suis tombée dans l’autre gang dans laquelle je n’étais définitivement pas quand j’étais ado :  les filles « qu’on voudrait être ». Je suis la première surprise.

 


 

J’espère tellement que ce cri du cœur ne sonnera pas comme ces « aveux » passifs-agressifs qui me décourageaient totalement quand j’étais plus jeune, c’est-à-dire comme une fille mince qui se plaint d’être « trop grosse ». Je sais que je ne suis pas grosse, que je ne l’ai jamais été !!! C’est ça le pire !

 

Mais essayez de m’expliquer pourquoi, une femme :

 

  • Qui a toujours eu un poids santé*
  • Qui n’a jamais vécu de discrimination basée sur son poids*
  • Qui n’a jamais eu de mal à s’habiller*
  • Dont le corps est en parfaite santé et en pleine possession de ses moyens (vous êtes-vous déjà arrêté pour réaliser à quel point cet état de fait, qu’on a tendance à prendre pour acquis, est fantastique ? )
  • Qui s’entraine 6 fois par semaine (c'est mon meilleur truc pour contrôler l'anxiété, l'insomnie et la déprime, voilà tout)
  • Qui mange la plupart du temps bien (pas pour le poids ou l’apparence, mais pour la manière dont ça me fait sentir !)
  • Qui a porté la vie deux fois (45 livres + 40 livres par grossesse) puis allaité pendant un an chaque fois
  • Qui se fait parfois dire : « Wow, tu es mince ! » ou même « Tu m’énerves comment tu es parfaite »…
  • Qui a couru 5 demi-marathons…
  • Qui porte un romper X-Small sur ces photos…

 

…Peut encore se sentir AUSSI INADÉQUATE la plupart du temps ?


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Le but, ce n’est pas de blâmer qui que ce soit ici… Même pas la fille des « gros mollets », si ça la confortait dans son estime de soi, tsé. Le but, c’était plutôt de réaliser tout le système en place, qui existe uniquement pour rendre les filles/femmes misérables. Ce système, qui entendons-nous, ne fait AUCUNE GAGNANTE. Et dont on doit se sortir, point final.

 


 

Un jour, je me suis retrouvée à Hawaï (shameless fantastic locale plugging. Vous allez comprendre pourquoi dans 30 secondes), à visiter une plantation de café. Nous avons fait ce voyage à 3 familles, incluant 9 enfants dont 2 belles ados que j’aimais beaucoup observer, parce qu’elles sont entre autres mon public cible de VRAK (et un peu de Look du jour).

Pendant notre visite, nous sommes chacun montés sur la balance à café, pour le fun. Mon poids à ce moment-là, instantanément révélé à tout le monde ? 141 livres. Je n’ai même pas eu le temps de réaliser que c’était mon poids le plus élevé à vie avant qu’une de ces belles ados me dise, avec beaucoup de fierté et de complicité : « Coooool !!! Tu pèses la même chose que moi !!! » Et que toutes mes insécurités débiles disparaissent au profit de l’importance suprême de devenir soudainement, je ne sais pas trop comment, un modèle.

La petite voix dans ma tête n’a même pas eu le temps de m’injurier comme elle le fait si bien d’habitude. J’avais pris conscience de quelque chose de tellement plus important : le fait d’aller à l’encontre de tout ce que j’ai appris dans ma vie, de tout ce que la jeune fille insécure encore cachée quelque part en moi avait assimilé. Non seulement au travers de tous ces commentaires qu’on m’a fait (et qui on s'entend, ne sont tellement pas graves comparé à d'autres, it's not about me!), mais aussi à cause du peu de diversité corporelle véhiculée dans les médias jusqu’à tout récemment et du discours ambiant qui prévaut encore tellement, sous-tendant qu’une femme a beaucoup moins de valeur intrinsèque si elle ne correspond pas parfaitement aux standards de beauté (alors que seulement peut-être 3 % correspondent à ça ?). Il fallait que je me trouve belle, point final. Peu importe mon poids (qui je le sais très bien, peut être considéré comme un idéal pour certaines).

 

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Le but n’est tellement pas de focuser sur le poids ici, parce que honnêtement, f**k that! Le but est juste d’essayer de dire : hey guys, je ne suis pas taille plus alors ça ne vous paraîtra peut-être pas la tâche la plus difficile au monde (et je ne crois pas que ça l’est ni que je mérite une médaille, loin de là. Objectivement je vois bien sur ses photos que je suis tout à fait correcte, sauf que comment je le sens instinctivement au plus profond de moi, c'est différent) mais la moindre des choses que je peux faire, c’est d’enfin m’accepter comme je suis. Petits seins, petite taille, cuisses rondes et molles peu importe si je m’entraine beaucoup. Ma morphologie, c’est ça. Et on peut varier de poids mais pas vraiment changer sa morphologie, à la base.

 

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Le but est plus de dire, allo, j’ai 43 ans et pour la première fois, j’ai osé porter un romper qui montre mes cuisses et le début de mes fesses. Avant, jamais : jamais de shorts pour courir ou m’entrainer même quand il fait vraiment chaud, jamais de shorts point, jamais de jupe ou de robe courte. Le but est de dire, avant, j’aurais eu peur de dégoûter les autres par la vue de mes cuisses qui ne sont pas (ne seront jamais) parfaites et ne sont pas parfaitement en proportion avec le reste de mon corps.

Le but est de dire ON S’EN FOUT TOTALEMENT de ce que les autres pensent. Le but est de dire que c’est ridicule que toutes ces années, j’ai eu l’impression que je devais penser comme ça.

 


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Tout ce que j’ai le goût de dire aux filles et aux femmes qui lisent ceci, c’est : habillez-vous comme vous voulez. Montrez-vous. Et surtout, PRENEZ-VOUS EN PHOTO! Jeunes et moins jeunes, mamans ou non, de toutes les silhouettes possibles. Portez la chose la plus importante qui existe : une bonne couche de confiance qui dit aux autres « J’existe, je me connais bien et même si tu me juges, c’est quand même moi qui gagne ».

Les filles rondes, je voudrais juste ajouter que je vous trouve belles. Et que lorsque vous osez le faire aussi, c’est comme si le monde était à vous. Pour quelqu’un qui a vécu l’ère Kate Moss, ça m’émeut réellement de vous voir, stylées comme des reines, avec une attitude irrésistible, peu importe ceux qui ne comprennent toujours pas. #andyetshepersisted

C’est comme un baume sur mon cœur de fille qui a réalisé beaucoup trop tard qu’elle n’avait pas besoin de s’excuser de son enveloppe corporelle (même alors que celle-ci correspond à certains des standards.) Je vous en supplie, allez-y à la plage à ma place et rockez votre bikini !

Ça me paraît tellement évident que le plancher est désormais à vous, et non pas aux filles comme moi. Prenez cette place qui vous revient depuis tellement longtemps et continuez de ne pas du tout en être désolées. Parce que c’est complètement fou de simplicité, mais pendant tout ce temps, elle était là la clé : il s’agissait juste de voir de plus en plus d’images de corps différents pour s’habituer. Pour banaliser, dans le sens le plus positif du terme, l’affaire la plus normale au monde : le corps humain dans toutes ses variations possibles. Et surtout, pour donner l’exemple aux plus jeunes et pour briser le cycle.

 

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*Si c’est aussi votre cas, j’aimerais que vous preniez une seconde pour penser à toutes celles qui ne sont pas dans cette situation. Et si possible, à ressentir beaucoup d’empathie (pas de jugement ni surtout pas de soulagement) pour cette grossophobie et cette discrimination plus ou moins visible dont elles font l’objet probablement tous les jours de leur vie.

 

 

Note : Ces photos ont été prises à la Maison Lavande, par mes enfants pour celles ou je suis devant la caméra... Je ne suis donc pas toujours au focus, mais c'est correct! 😄 C'est certainement l'un de plus beaux endroits au Québec et ils nous ont gracieusement accueilli. 💜

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