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Les petites victoires

Les petites victoires

L'entrée de mon fils à l'école a été difficile. Pendant toutes ses années de garderie, on voyait qu'il avait un petit quelque chose de différent. Une intensité, surtout. Mais comme il y avait aussi plusieurs points positifs (atypiques mais impressionnants), jamais nous n'aurions pensé qu'il reçevrait un jour un diagnostic.

Sauf qu'une fois en maternelle, rien n'allait plus. Et son enseignante, dont le fils avait vécu le même processus l'année d'avant, nous a rapidement dirigé vers une évaluation. Cette démarche a duré plusieurs mois, assez durs pour lui et pour nous, pour moi. J'étais en tourment perpétuel. Je luttais contre le fait de lui apposer une étiquette. Je luttais contre ce que je comprenais qui s'en venait, intuitivement.

Un jour durant cette période sombre, à la garderie ou je venais maintenant porter ma fille, j'ai croisé une éducatrice qui s'était déjà occupé de mon fils, soit entre 1 an et demi et 2 ans et demi. Elle avait déménagé peu après et revenait maintenant pour un remplacement d'une seule journée. Nous avons pris un peu de temps pour parler... Et alors que je l'avais souvent vue comme étant plutôt froide, elle m'a avoué que de toutes ses 15 années en petite enfance, mon fils avait été de loin son enfant préféré. Qu'elle ne s'était jamais attaché autant à un enfant qu'à ce petit bonhomme pas tout à fait comme les autres, beau comme un coeur, incroyablement émotif, maladroit et capable de conservations complètes à un an et demi. Qu'il l'avait aussi fait tourner en bourrique souvent, mais qu'elle ne l'avait jamais oublié et qu'il garderait toujours une place spéciale pour elle.

Je me souviens encore de rouler en voiture tout de suite après, surprise et émue de cette révélation complètement inattendue. Qui venait mettre un peu de baume sur mon coeur très à vif juste au même moment, justement à propos de la même personne. Tout à coup il y a eu une éclaicie sur la route devant moi et pour la première fois depuis des mois, j'ai eu un sentiment d'apaisement qui ne s'est jamais répété. Très fort, au fond de moi, j'ai senti que malgré tout ce qui était en train de se dessiner, malgré nos difficultés, tout irait bien. Que mon fils serait correct, peu importe. Que le chemin le moins facile pouvait aussi parfois être le plus beau... Et mener au même endroit.

Depuis ce temps, chaque fois que nous avons vécu une crise, j'ai toujours essayé de puiser en moi pour retrouver ce sentiment, ou plutôt cette certitude. Ce moment m'a permis de m'accrocher et de continuer à plusieurs reprises... J'ai toujours repensé à cette éducatrice qui, sous des aspects un peu revêches, avait su comprendre et aimer mon fils presque comme le sien. Qui m'avait donné espoir que d'autres personnes feraient de même. Et qu'il pourrait faire non seulement son chemin mais peut-être même laisser une belle trace et faire une différence autour de lui.

C'est drôle, mais j'aurais tellement envie de lui reparler maintenant... Et de lui dire tout le chemin parcouru aujourd'hui par ce presque ado tellement (bien, le plus souvent...) mature et agréable à cotoyer. À quelques semaines de la fin de sa 5e année, il est déjà accepté et inscrit au PEI dans un beau petit collège dans lequel nous sommes certains qu'il sera bien. Avoir l'impression de lui avoir trouvé "sa place" pour le secondaire, avec encore plus d'un an pour voir venir, c'est fantastique. Ce qui aurait pu être une étape complexe, que j'envisageais avec une certaine angoisse, s'est fait tout en douceur et naturellement, finalement. Une école qui lui convient est prête à lui donner sa chance même pour un programme enrichi et ça me fait vraiment chaud au coeur.

Et... J'aurais encore plus le goût de lui dire qu'à notre plus belle surprise, il vient aussi d'être accepté au programme de bain linguistique de notre école l'an prochain, alors que plusieurs de ses amis n'auront pas cette opportunité. Ceci signifie qu'il complètera tout le programme de la 6e année en 16 semaines, puis qu'il ne fera que de l'anglais le reste de l'année. Le comité qui a évalué son dossier a cru en lui, malgré son diagnostic et ses défis. En ouvrant sa lettre et en voyant que sa candidature a été retenue (après avoir vu plusieurs amis tristes de lire la leur à l'école), il était si fier...

Durant la période très noire suivant son diagnostic d'autisme, je remettais tout en question. Je doutais de lui, de nous, de son avenir... J'avais si peur. Alors le voir grandir et s'épanouir ainsi, c'est le plus beau des succès pour moi. Je reviens à cette certitude et je sais que j'ai eu raison de m'y fier.

Peu importe si l'année prochaine est difficile (ce sera très exigeant, c'est certain) et si la transition vers le secondaire ne se passe pas parfaitement (ce qui est probable), nous y ferons face en temps et lieu. Aujourd'hui, même si le ciel est gris, c'est comme s'il y avait une énorme éclaicie dans notre petit monde. Sans regarder devant ni m'inquiéter pour l'avenir, en cet espace-temps tout semble tellement prometteur...

Savoir qu'il y aura d'autres obstacles sur la route d'un enfant un tout petit peu différent ne devrait jamais nous empêcher de savourer pleinement les petites victoires.

Une expérience CASEUS!

Une expérience CASEUS!

Mhhhh... Bacon!

Mhhhh... Bacon!

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