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Salut, je suis autiste

Salut, je suis autiste

Le 2 avril, c'est la journée mondiale de sensibilisation à l'autisme.

Ça fait un bout de temps que je le sais... 3 ans? Un an plus tard que le diagnostic de mon fils, qui a complètement chamboulé nos vies. Le psychologue avec qui j'avais fait ma démarche m'avait dit qu'avec mon diagnostic venait une responsabilité. Celle d'en parler, pour montrer un bon exemple aux autres, aux filles/femmes, aux parents qui souffrent et qui ont peur.

Mais pourquoi?, je lui ai demandé.

"Pour les rassurer et leur prouver qu'on peut réussir quand même".

 

 

Réussir, moi??? Ce n'est pas exactement comme ça que je voyais/vois ma vie, plutôt comme une série d'évitements, de détours et d'adaptation sans fin. Des hauts et des bas. De la misère et des échecs et beaucoup de chance, aussi. La vie, quoi.

Au début, je n'étais pas capable d'en parler. Pas vraiment à cause de moi; pour moi ça a été pas mal réglé tout de suite. Après autant d'années de compréhension intuitive que quelque chose est fondamentalement "différent" en soi, ce diagnostic n'est pas quelque chose de négatif du tout. Parce qu'avant ça, cette différence n'avait pas de mot. Elle était toujours là, mais sans que j'arrive à mettre le doigt dessus. Elle minait sans arrêt ma confiance et mon estime de moi; pourquoi est-ce que malgré mon intelligence et mon potentiel, certaines choses (beaucoup de choses) étaient si difficiles pour moi? Quand on a n'a pas de réponse, ce qui arrive, c'est qu'on se dit qu'on est épouvantable. Vraiment poche. Constamment décevante. Défectueuse.

Alors finalement avoir un mot pour ça, c'est émouvant et comme si on venait d'enlever beaucoup de poids sur les épaules. Pas du tout une excuse pour des erreurs que j'ai faites ou des gens que j'ai blessé, mais au moins une explication. Obtenir soudainement des clés pour comprendre le fonctionnement de son cerveau et de son caractère, c'est quelque chose de très spécial.

Mais malgré cela, il fallait que je prenne mon temps. D'accepter et de vivre avec mon beau grand garçon un peu magique et un peu différent. Parce que son histoire est complètement liée avec la mienne, mais en même temps elle n'est pas la mienne. J'avais peur de l'exposer, peur qu'ils se fasse juger. En fait, j'ai encore vraiment peur de ça.

 

J'ai apprécié tous vos commentaires suite à ce post que j'ai fait il y a quelques semaines sur Instagram et Facebook, mais particulièrement celui qui me disait apprécier que je mettais de l'avant "tout le reste avant l'autisme". C'est exactement ça que je voulais faire. Montrer que ça peut n'être qu'une composante parmi d'autres. Qui ne nous affecte pas profondément chaque jour. Qui s'apprivoise. Qui comporte même certains avantages, typiques aux Aspergers.

 

Quelqu'un d'autre m'a demandé si j'allais maintenant en parler. Ça fait longtemps que j'y pense. J'aurais énormément de choses à dire... Je voulais même à un moment donné partir un autre blogue pour le faire! (Mais c'est toujours la même histoire; le temps me manque). Pour tout vous dire je pensais plutôt par contre à quelque chose de plus anonyme. Est-ce je pourrais maintenant le faire sur ce blogue? Je n'en suis pas certaine. Qu'en pensez-vous; est-ce que ça vous intéresserait? Ma réserve ne vient encore une fois pas de moi-même, mais est plutôt reliée à l'implication inévitable de ceux que j'aime.

 

Mon fils : Nous sommes chanceux et il va bien. À l'aube de l'adolescence, son développement n'est certes pas complètement typique, mais c'est à la fois merveilleux et rassurant de le voir suivre et atteindre les étapes à sa propre manière. Après quelques années plutôt difficiles suite à son diagnostic, il a soudainement pris beaucoup de maturité depuis un an, ce qui a réduit mon anxiété ambiante en conséquence. Le message que je veux donner aux parents en est donc un d'espoir. 4 ans plus tard, nous sommes bien loin de la noirceur infinie que nous avons vécu les premiers temps, alors que nous avions l'impression que la vie s'arrêtait et surtout, que la peur pour l'avenir me paralysait au quotidien. Vous arriverez à ce stade aussi, c'est promis. Le diagnostic aide. Oui, il amène une étiquette inéluctable mais il est nécessaire pour le comprendre, pour obtenir de l'assistance. Notre école est fanstastique et depuis le début, nous avons vraiment l'impression de faire partie d'une grande équipe très positive autour de lui, composée de gens qui veulent réellement l'aider. Ça nous fait très chaud au coeur.

Ce que je voudrais aussi dire, c'est que rien n'est statique. Les enfants autistes continuent de progresser. Ce qui semble à un moment donné une barrière insurmontable finit toujours par se régler. J'aimerais beaucoup revenir en arrière pour me rassurer moi-même et me dire que je n'ai pas besoin de m'inquiéter autant pour des petits détails. Mon fils fait son chemin, et il ne cesse de nous surprendre. Le fait est que nous vivrons certainement d'autres périodes difficiles, mais je crois que nous sommes toujours mieux outillés pour leur faire face.

 

Je ne suis toujours pas capable de dire que j'ai "réussi"; quand j'écris ça, je fais une énorme grimace et je me dit : "Ben voyons donc!" Mais ce que je réalise, c'est que j'ai été capable de me bâtir une vie qui minimise mes faiblesses et met mes forces en valeur. Je crois que pour un Asperger en processus de choix de carrière, c'est un facteur hyper important à considérer.

1. Je travaille à la maison, ce qui me permet de ne pas être obligée d'être "toujours à ON" les journées ou ça va moins bien.

2. Je "parle" donc le plus souvent avec les gens par courriel plutôt qu'en face, ce qui est l'idéal pour moi. Certains insistent pour le faire au téléphone, mais je suis déjà moins bonne là-dedans et c'est pourquoi je n'ai jamais aimé ça, haha!

3. Mon métier me permet de faire différentes petites tâches variées -je cuisine une recette une journée, je fais une révision technique, j'écris un article sur la mode une autre journée, puis je travaille sur un article techno ou je m'occupe d'un article commandité pour différents sites, sur un sujet donné, avec une formule bien précise. Ceci convient très bien à mon esprit qui n'a que deux modes de fonctionnement bien distincts : l'hyperfocus combiné à une difficulté de fournir une attention soutenue pendant une longue période. Il n'y a pas non plus personne pour me surveiller afin que je ne passe pas trop de temps à niaiser sur la job. (Les petites pauses médias sociaux me rendent plus productives, je le jure!)

4. D'ailleurs, malgré tout ce qu'on leur reproche, je crois que les médias sociaux et la prolifération des plateformes en ligne ont procuré des opportunités fantastiques aux Aspergers et aux autistes en général. Ça nous a donné une manière denous exprimer à l'égal des autres en enlevant la couche de signification (ton de la voix, regard, langage non-verbal, posture, etc.) qui nous différencie. Je sais que dans la vie en général, je n'ai pas énormément besoin de socialiser (ce qui ne veut pas dire que je n'ai pas besoin des autres ou que je n'ai pas d'égard pour eux, au contraire) alors "parler aux gens" sur les médias sociaux satisfait ce besoin en grande partie.

5. J'ai trouvé dans la course le sport parfait pour moi, qui ne me demande pas de "jouer au rôle", me permet de me dépasser en me mesurant uniquement à moi-même et aide beaucoup à contrôler mon insomnie et mon anxiété.

 

J'ai choisi cette photo parce que je suis certaine que pour la plupart des gens, je suis tout à fait le contraire de l'image qu'ils se faisaient de l'autisme. Et c'est exactement une des choses qu'il est important de démystifier!

 

J'apprécierais beaucoup vos commentaires et ça me ferait vraiment plaisir de répondre à vos questions. Merci!

Sauce crémeuse à l'aneth

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Mon ensemble pour le lancement ne venait probablement pas d'où vous pensez...

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