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Bienvenue! Ici on parle surtout de bouffe, de style, de la vie à la maison... J'espère que vous vous plairez!

Mon moment madeleine (collaboration avec La Petite Bretonne)

Mon moment madeleine (collaboration avec La Petite Bretonne)

Avez-vous déjà entendu parler des madeleines de Proust? Les madeleines, ce sont de merveilleux petits gâteaux d’origine européenne, avec une forme caractéristique de coquillage.

Pas trop sucrées ni trop riches, elles sont parfaites pour manger en collation, avec un thé ou un café. Elles sont aussi absolument délicieuses au déjeuner, je dis ça comme ça! (Pas nécessairement parce que c’est ce que j’ai mangé depuis quelques jours, non-non 😉).

Marcel Proust lui, est un écrivain avec une place un peu particulière au sein la littérature française. Malade, provenant d’une famille d’aristocrates et mort jeune, il n’a publié qu’une seule œuvre: À la recherche du temps perdu. Mais quelle œuvre! Déclinée en 7 tomes, elle a vraiment marqué son époque.

Son style est assez opaque, il faut le dire; lire Proust, ce n’est pas nécessairement pour tout le monde. On aime ou on n’aime pas. Pour ma part, ses phrases très longues, avec beaucoup de parenthèses, de retours, de descriptions et d’adjectifs me font comme un petit velours. Comme si j’étais enveloppée dans une couverture très douce et qu’on me chantait des berceuses.

Le thème majeur de son œuvre, c’est la mémoire. Et le passage des madeleines, c’est de loin le plus connu de ses romans, puisque c’est devenu une expression consacrée, qui décrit un phénomène psycho-humain. Vous avez peut-être tous déjà vécu ce moment sans nécessairement cherché à l’expliquer : qu’un objet, une odeur, une texture vous replonge subitement dans le passé, dans les souvenirs heureux. C’est une sensation intense, presque physique, aussi agréable que légèrement étourdissante. Pour Proust/son narrateur, cela se produit au moment où il trempe une madeleine dans son thé et pouf! Tout à coup il est de retour dans le monde de son enfance choyée, feutrée.

 

Mon moment madeleine

Oui, la cuisine et la nourriture ont toujours été importantes pour moi et sont devenues au fil du temps une véritable passion, mais mon premier amour, ça a toujours été la littérature. Lorsque mes enfants me demandent ce que je voulais faire quand j’étais petite, c’est simple : écrire, il n’y a jamais eu rien d’autre.

C’est donc sans surprise que j’ai choisi de faire des études universitaires en Littérature. Et voici précisément mon moment de réminiscence : c’est l’été de mes 24 ans. Je viens de terminer la scolarité de ma maîtrise, et bourses aidant, pour la première fois depuis mes 14 ans, je n’ai pas besoin de me trouver un travail d’été.

Comme la rédaction de mon mémoire ne commencera qu’à l’automne, mon travail, pour TOUT L’ÉTÉ, c’est de lire. Des années plus tard, je me rappelle encore cette pause de 4 mois avec tellement de bonheur : peu de responsabilité, peu d’obligations et ENFIN, pour la première et la seule fois de ma vie, tout mon temps consacré à ce qui me plait le plus au monde : la lecture.

Je lis toutes sortes d’ouvrages universitaires, et certainement pas seulement des romans. Mais à la suggestion de ma directrice, avec qui j’ai exploré les thèmes de mon projet -dont justement la mémoire en trame de fond- j’ai aussi une œuvre majeure à passer au travers : À la recherche du temps perdu.

Pour toute ma vie je crois, c’est là que me ramèneront les madeleines : à cet été lumineux, passé au milieu des personnages d’une autre époque, des dames qui portent chapeaux et gants pour prendre le thé, discutant à voix basse des « indiscrétions » de certains sous un éclairage à la bougie. Le contraste entre ma vie de jeune adulte urbaine et celle de cet univers au rythme plus simple, si poétique, labyrinthique, très sensoriel me fera, en définitive, beaucoup de bien.

Par ailleurs, Proust, qui aime tant magnifier les détails du quotidien, propose de nombreuses et belles descriptions de nourriture. Alors au fil des pages et au fil des mois, des madeleines aux asperges pourpres qu’il compare à de « délicieuses créatures qui, comme une féérie de Shakespeare, changent son pot de chambre en vase de parfum », cet été de lecture rejoint même mon autre grand plaisir de la vie; ravissement circulaire complet.

 

 

Voilà donc l’élan d’inspiration qui m’est venu lorsque La Petite Bretonne m’a proposé une collaboration; toute la nostalgie et la beauté de cet univers vieillot que m’inspirent les madeleines. Je vous invite donc à goûter à leurs madeleines pur beurre; elles sont tout à fait exquises! Vous allez adorer leur parfum de vanille naturelle et de beurre, ainsi que leur texture qui réussit à être à la fois moelleuse et ferme -j’ai bien essayé, mais impossible de m’arrêter après une seule, et c’est la même chose pour toute la famille! En toute honnêteté, je ne m’attendais pas à les trouver aussi bonnes. Je vous promets presque qu’elles vous ramèneront en arrière et vous rappellerons de beaux moments

Quel est votre moment madeleine?

 


« Elle envoya chercher un de ces gâteaux courts et dodus appelés Petites Madeleines qui semblent avoir été moulés dans la valve rainurée d'une coquille de Saint-Jacques. Et bientôt, machinalement, accablé par la morne journée et la perspective d'un triste lendemain, je portai à mes lèvres une cuillerée du thé où j'avais laissé s'amollir un morceau de madeleine. Mais à l'instant même où la gorgée mêlée des miettes du gâteau toucha mon palais, je tressaillis, attentif à ce qui se passait d'extraordinaire en moi. Un plaisir délicieux m'avait envahi, isolé, sans la notion de sa cause. […]

D'où avait pu me venir cette puissante joie ? Je sentais qu'elle était liée au goût du thé et du gâteau, mais qu'elle le dépassait infiniment, ne devait pas être de même nature. »

-Marcel Proust, Du côté de chez Swann (1913)


Note : J’ai reçu des produits La Petite Bretonne ainsi qu’une compensation en échange de cet article. Le contenu est bel et bien le mien.

Cake pops façon cornet de crème glacée

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California. Again. 🌵

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