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Un peu d'amour pour le bio

Un peu d'amour pour le bio

Il me semble que le bio et le "naturel" ont été un peu malmenés ces derniers temps.

Tout d'abord, pour le grand public, c'est évident qu'il y a une perception tout aussi généralisée que malheureuse là-dessus. Et pourtant, acheter bio ne veut pas du tout dire être snob et se prendre pour un autre, tsé! Ce n'est pas une "tendance", une affaire de hipsters et de prétentieux, c'est plutôt la manière traditionnelle dont l'agriculture s'est développée depuis 10 000 ans, jusqu'à l'arrivée des pesticides chimiques dans les années '50.

Oui, le bio coûte plus cher (voici mes trucs pour contrer ça un peu). Et tout ce domaine n'est certainement pas exempt d'absurdités (bouffe "bio" hyper transformée, chou-fleur à 10 $) ni de contradictions (des tomates bios qui proviennent d'Afrique du Sud, vraiment?) Je pense que remettre les choses en question, accepter avec bonne grâce les critiques justifiées (il y en a!) et surtout savoir en rire (comme dans la photo ci-haut), c'est très correct et même très sain.

Mais dire que le bio, c'est juste une "gimmick" et dénoncer les entreprises bios comme si leurs prix plus élevés correspondaient uniquement à une attrape de marketing, ça m'étonne beaucoup.

Parce que considérer seulement le prix, il me semble que c'est s'attarder uniquement au premier niveau d'une situation qui doit en comporter au moins dix.

Parce même si je suis parfaitement consciente d'À QUEL POINT ce point de vue est à contre-courant, payer moins cher, ce n'est pas toujours bon. Ne me lancez pas de pierres, je ne suis pas déconnectée, je comprends très bien les enjeux budgétaires! Mais il reste que nous vivons dans une ère ou on nous martèle constamment qu'il FAUT "tout payer toujours moins cher" (et simultanément surconsommer). Je crois honnêtement que rien n'est moins vrai. Il y a TOUJOURS une pogne. Le prix revient habituellement au même au final, même si on ne le paye pas à l'achat. Dans le cas de la nourriture, payer moins cher, c'est un terrain particulièrement glissant. Non seulement pour des raisons évidentes telles que le fait que la malbouffe est très cheap à produire comparé aux vrais aliments de qualité, mais également pour des raisons beaucoup plus insidieuses. Faire absorber des pesticides à nos enfants, dont le système est beaucoup plus vulnérable que celui des adultes par exemple. Ou apauvrir la terre jusqu'à la rendre stérile. Contribuer à l'extinction des abeilles, qui sont pourtant si vitales! Permettre aux pesticides de se frayer un chemin dans les cours d'eau, la nappe phréatique, l'air ambiant. Encourager -inconsciemment, soit- des politiques vraiment toutes croches (parce que par-dessus tout, manger, c'est voter). Et même si ce n'est pas nous qui paye de notre santé, ce sont les travailleurs agricoles qui le font.

Parce que je ne connais pas un seul producteur bio au Québec (ailleurs, je ne sais pas) qui n'est pas fantastique, engagé, passionné par toutes les "bonnes affaires". Et surtout, pas un seul producteur bio qui nage dans le gros cash.

Parce que malgré que celui-ci ait beaucoup progressé dans les dernières années, le marché du bio est encore précaire et fragile, très certainement dépendant de déclarations fracassantes faites dans une optique de "on va se dire les vraies affaires et les remettre à leur place".

Parce que la nourriture, ça devrait être considéré comme un cycle, comme un cercle, pas seulement comme des vitamines et des nutriments. Un cycle tellement proche de l'évolution/de la vie des humains : on plante une graine, on cultive respectueusement, on récolte, on préserve s'il y a lieu, on sauve les graines, on enrichit la terre avec les restes et on recommence. La terre nous fait vivre, on fait vivre la terre comme il faut. Tellement simple. Tellement plein de gros bon sens et pourtant si peu souvent respecté maintenant.

Parce que marketing ou pas, qui veut vraiment ingérer plein de pesticides? Et qui croit réellement que "ce n'est pas grave"? Je fais certainement partie des sceptiques dans la vie et je fais toujours très attention à ne pas tomber dans la pseudoscience, à ne pas avancer d'idées farfelues ou sans sources. Mais dans ce cas spécifique, come on. Le principe de précaution, ce serait vraiment un minimum.

Parce que comme on dit en anglais, "the playing field is not level". (Difficile à traduire, mais on pourrait le faire par "le terrain de jeu n'est pas au même niveau pour les deux équipes"). Du côté du bio, on a surtout des producteurs le plus souvent locaux. À ma connaissance, l'organisme le plus important dans le domaine est le Rodale Institute, une fondation familiale qui reste... vraiment pas à la veille de conquérir la planète. Et la 2e entité, ce serait probablement la companie de semences patrimoniales Baker Creek, qui vend un catalogue rempli de fermiers sympathiques du Missouri souvent habillés à l'ancienne et montrant d'immenses gourdes tordues avec un large sourire. Alors que du côté du conventionnel, on a l'industrie/les lobbys des pesticides et des OGM (non, ce ne sont pas les producteurs le problème), dont Monsanto, qui fait passer Trump pour un enfant de choeur par ses pratiques corporatives et son réel (et très épeurant) pouvoir politique.

Parce que le bio, ça reste une des seules alternatives à notre système alimentaire nord-américain prévalent, qui a changé tellement vite que peu de gens réalisent maintenant à quel point celui-ci est complètement brisé et surtout non-durable. Pour faire un parallèle avec Astérix (Ciné-Cadeau n'est pas très loin) : c'est drôle comment je vois tellement plutôt la position du bio comme étant plus proche de celle de l'irréductible gaulois que de celle du devin (charlatan/exploiteur)!

Parce qu'être contre le bio, c'est être pour quoi? Les aliments transformés? Les OGM qui se retrouvent dans la majorité d'entre eux?

Parce que dans mon monde de rêve, ce serait possible de passer par-dessus l'effet énervant du monde qui achète bio (je ne le vois pas vraiment mais admettons quand même qu'il est là), de considérer plutôt une vue d'ensemble et d'encourager ce genre d'initiatives (en grande partie locales et super inspirantes) plutôt que de les tourner en ridicule.

 

Alors j'avais juste envie de donner un peu d'amour au bio. Un peu comme dans le cycle délicat du "lavage de la semaine" à l'émission de radio Médium Large quand les invités trouvent qu'un sujet a été un peu injustement meurtri. Juste le goût de faire un gros câlin, un gros doux à tout cet univers-là.

C'est tout. 😊

Ma version du bol du Dragon!

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Bonne année 2017!

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