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La trame sonore (moments d'une vie) : California dreamin'

La trame sonore (moments d'une vie) : California dreamin'

Je ne suis plus certaine de quand cette chanson est sortie... Vers la fin des années '90, alors que j'étais à l'université. C'était avant mon premier voyage en Californie en tout cas. Maintenant, ce band est tellement quétaine et associé à cette époque post-grunge qui ne passera certainement pas à l'histoire... Mais cette chanson, elle me donne tous les frissons du monde, all the feels.

Peu importe les paroles un peu stupides, tout est dans le refrain... Tout est en fait dans le choeur, qui symbolise pour moi le California cool comme aucune autre musique ne l'a jamais fait. Ça me tue à chaque fois. (C'est une reprise d'une autre chanson, Suavecito, d'un obscur band chinano en passant).

Je ne sais pas d'ou me vient ce rêve de la Californie, si profond en moi depuis toujours. Personne n'a jamais rien fait pour me le transmettre, c'est juste venu tout seul. California, je n'ai jamais réussi à dire ce mot sans avoir des étoiles beaucoup trop rêveuses et sereines dans les yeux. Depuis ce temps, presque toute ma vie adulte, je me surprends à fredonner le refrain de cette chanson à chaque hiver. Je le fredonnais pendant que j'habitais en Allemagne et qu'il pleuvait tous les jours. Je le fredonnais quand je marchais au centre-ville de Montréal pour aller travailler avec le vent dans la face. Je le fredonne dans l'auto pendant toutes les tempêtes de neige. Je l'ai même fredonné spontanément sur place, cette fois magique ou je suis allée faire une course de 16 km sur la plage, entre Venice et Pacific Palisades. Il m'est immédiatement et inexplicablement revenu dans la tête ce matin quand j'ai lu le plus récent billet de Garance Doré, qui explique pourquoi elle vient de déménager à LA.

Je suis allée pour la première fois en Californie à 25 ans. Comme j'ai la chance d'avoir une bonne amie qui y vit, je suis retournée souvent (7-8 fois?) Rien n'y fait. Je passe mon temps à vouloir y aller, y retourner, y vivre. California is my happy place. C'est un feeling. Garance l'explique tellement bien, mais il y a quelque chose dans ce climat, cette végétation, cette douceur, cette proximité d'une nature tellement diversifiée qui m'apaise entièrement et me donne l'impression d'être toute là au complet. LÀ. C'est rare que ça m'arrive.

J'envie beaucoup les Américains pour ça: on peut être né dans le pire bled perdu du nord du Nebraska et décider de tout quitter pour aller y vivre sans aucun bâtons dans les roues. Même si ce n'est pas impossible pour nous, disons que c'est beaucoup plus difficile. Dans une autre vie, sur mon ancien blogue, j'avais parlé d'une étude sur le bonheur en Amérique, qui personnifiait celui-ci à travers une femme de 50 ans, ayant grandi dans le Wisconsin mais ayant réalisé son rêve de laisser derrière les hivers très rigoureux pour refaire sa vie près de l'océan en SoCal, là ou il fait toujours soleil. Ça avait tellement résonné dans ma tête. Ça avait rendu quelque chose de tellement clair : pour certaines personnes à tout le moins, le climat, puisqu'il constitue une grande partie d'un environnement de proximité agréable, pouvait être une composante importante du bonheur.

C'est quelque chose que je n'avais jamais articulé avant. Entre autres parce que c'est un facteur qu'on ne peut pas vraiment contrôler. (Même si certains osent le faire et que je les envie).

Je ne suis pas une fille d'hiver. C'est quelque chose que je n'ose pas dire beaucoup, qui vient avec une bonne part de culpabilité. C'est la saison préférée de mes enfants, et je ne veux pas être celle qui leur fait détester ça! Il me semble aussi que dès qu'on affirme qu'on n'aime pas beaucoup l'hiver, certaines personnes qui adorent ça nous reprochent le fait de ne pas être capable de simplement l'apprécier et d'en profiter. Et je les comprends! J'essaie. Tellement fort. Je fais tout ce que je peux, tout ce qu'il faut.

Mais j'ai réalisé que même si c'est effectivement moins pire quand on passe du temps dehors, qu'on bouge et qu'on en prend son parti, ça ne marchera jamais. Mon corps et ma tête ne peuvent pas fonctionner comme il faut en hiver. Je suis faite comme ça. Ce n'est pas seulement la lumière qui me manque, mais aussi et surtout la chaleur, la douceur de vivre. J'ai des tas de réactions physiques que personne n'a jamais vu. Mon corps proteste. Ma tête compte les dodos jusqu'au retour du printemps. Je vis en attendant que ça passe, ce qui est assez platte.

"J’avais presque l’impression d’être égoïste, tiens. De choisir le bonheur ? On a vraiment le droit de faire ça ?" dit Garance. Ses mots me donnent les larmes au yeux. Mon rêve le plus fou est un peu niaiseux et tout à fait cliché, quand on y pense : partir en Californie pour y rester plus que quelques jours, pour avoir le temps de prendre le temps. Partir passer deux mois à LA. Partir passer six mois à LA. Partir passer un an à LA. Plus j'ajoute du temps à cette phrase, et plus je sens mon coeur se gonfler de bonheur. Je me vois dans la guest house chez mon amie, avec son arbre chargé de limes juste à portée de main. Je me vois peaufiner un article avec mon ordi sur la terrasse, l'air si doux et et ce bain de lumière en permanence. Comme je suis travailleuse autonome, ce n'est pas l'emploi qui m'en empêcherait, ne croyez pas que je n'y ai pas pensé... Alors je me dit que peut-être un jour, quand les enfants seront plus grands...

Je vais continuer à faire du patin, à skier, à courir dans la neige le plus possible et surtout à me retenir de chialer contre l'hiver (parce que c'est vrai que c'est important d'être positive et de persister à essayer d'en voir la beauté). Mais pendant tout ce temps, il y a de bonnes chances que je sois en train de fredonner dans ma tête, comme le plus beau des secrets. California.

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